Soundjata - La bataille de Kirina (Biyong Djehouty)

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Modérateur: dino VELVET

Soundjata - La bataille de Kirina (Biyong Djehouty)

Messagepar Soundjata » 28.05.2005 - 00:12

Soundjata - La bataille de Kirina

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Dessinateur : Djehouty
Éditeur : Editions Menaibuc
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Nombre de pages : 44 pages
Format : 22 cm x 28 cm
Illustration : Illustrations couleur
ISBN : 2911372484
Prix : 16€06 (liste points de vente)

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Préface :
Plus connu sous le nom de Soundjata Keïta, Mari Djata Konaté est le premier empereur du Mandé. Un grand empire qui s’étendait de l’ouest du Sénégal au centre du Burkina Faso, du nord de la Mauritanie au nord de la Côte-d’Ivoire, du Libéria et de la Sierra Léone.

Pour réaliser cet exploit, Soundjata a d’abord affronté le légendaire Soumaoro Kanté qui avait annexé toutes les provinces du Mandé plusieurs années durant.

La première grande bataille qui a opposé les deux héros eut lieu à Kirina, une immense plaine situé au cœur du Mandé.

C’est cette bataille mémorable, annonciatrice de la défaite de l’empereur sosso qui a inspiré à Djehouty le titre de son oeuvre.

Mais l’auteur ne se contente pas de décrire les combats avec force détails et avec un talent admirable. Il poursuit le récit jusqu’à la fuite de Soumaoro et sa disparition dans les grottes de Koulikoro.

Et puisque Soundjata n’a pas libéré seul le Mandé, car il a du compter avec d’autres grands chefs de guerre, Djehouty réinstalle à leur véritable place de héros, ces compagnons d’armes dont les plus célèbres sont Tiramaghan Traoré et Fakoli Doumbia.

En choisissant la Bande Dessinée pour écrire son récit, Djehouty apporte, à son tour, une contribution significative dans la vulgarisation de l’enseignement de l’histoire africaine.

En effet, en cette époque où la culture de l’image tend à marginaliser la culture du livre, la BD, qui est une symbiose réussie de deux formes d’expression, est assurément une réponse intéressante aux craintes de l’étouffement du goût de la lecture.

Les images magnifiques aux couleurs chatoyantes de ce livre, soutenues par des dialogues intelligents, feront, à n’en pas douter, le plaisir des jeunes et des moins jeunes lecteurs.

A l’avant-garde du combat pour la renaissance africaine, les Éditions Menaibuc posent une nouvelle pièce dans l’édification de la conscience historique de la jeunesse africaine et du Monde Noir, en créant une collection de BD dans un catalogue déjà riche.

Doumbi Fakoly


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Critique :
Que rajouter de plus à cette magnifique préface.
Car outre l'originalité du sujet, nous avons affaire à un future grand de la BD. Mais plutôt que de vous vanter les mérites du dessins, je vous laisse en juger par vous-même via ces magnifiques planches extraites de l’œuvre.
Le récit est clair tout en étant profond, dense mais sans fioriture, simple sans pour autant être simpliste, moraliste sans pour autant verser dans la démagogie.
Cette BD exalte les vertus du courage, de l'abnégation, de la sagesse d'hommes qui prennent sur eux de défendre leur honneur, le territoire, leur peuple des menaces qui pèsent sur ce dernier; de combattants obligés de faire la guerre, mal nécessaire pour mettre à un terme à la bêtise humaine dans tout ce qu'elle peut produire de pire et de plus barbare en ce bas monde.
Seul bémol, elle est beaucoup trop courte ou plus exactement, elle laisse un coup de pas assez.

Avec "Soundjata, la bataille de Kirina", l'auteur pose une pierre importante dans l'édification d'une BD africaine désireuse de faire connaître au monde les richesses de cultures, d'histoires d'un continent trop longtemps négliger.
Ainsi, en s'attaquant à un pan méconnu de notre Histoire, en l'occurrence l'histoire des grands empereurs africains dont la légende est encore entretenue à travers les griots et conteurs, gardiens de cette histoire, cette oeuvre s'impose d'emblée comme une référence qui, je l'espère inspirera bien d'autres auteurs qui auront à cœur d'élaguer un immense terrain vierge qui ne demande qu'à être défriché.


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Interview de Biyong Djehouty accordé au magazine Cité Black :

"IL dessin bien et pourtant, il est autodidacte en matière d'art plastique et de bande dessinée. Biyong Djehouty, auteur de la bd "Soundjata-La bataille de Kirina" ed. Menaibuc est passionné par le dessin. Fondamentalement attaché à la notion de liberté, surtout lors qu'il s'agit de l'Afrique, le jeune auteur travaille pour être utile. C'est en tout cas ce que nous a expliqué ce panafricaniste. Rencontre

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L'auteur au Salon du livre

Pourquoi la bande dessinée ?
J'ai choisi la bande dessinée parce qu'elle est accessible à tout le monde. C'est un très bon moyen pour faire connaître l'histoire de l'Afrique au monde entier mais d'abords aux Africains eux-mêmes. Bien sûr, je suis intéressé par le cinéma mais, vu les moyens de cinéastes africains, ils ne peuvent pas faire des films d'envergure. Or, avec la bande dessinée, on peut faire des choses de très bonne qualité qui peuvent rivaliser avec les grands films qu'on voit aussi bien à la télévision qu'au cinéma.

Et par rapport à cet album ?
J'ai très tôt été sensible à l'image, je pense que c'est le moyen d'expression qui me convient le plus. Peut-être parce que j'ai commencé à apprendre la lecture par la bd. Chez nous, parfois ce n'est pas très bien vu, donc on est obligé de se cacher pour lire. Aujourd'hui, c'est un moyen pour moi de rendre hommage à cet art, de donner le goût de la lecture à la jeunesse et de l'inciter à s'intéresser à l'histoire de l'Afrique. La bd est aussi bien pour les adultes que pour la jeunesse qu'on peut ainsi préparer à aborder les livres des spécialistes.

Est-ce votre première publication ?
C'est la première bd éditée en volume. La tout première est sur Chaka et elle était publiée dans le journal "l'Autre Afrique". On avait choisi la formule du feuilleton. J'espère que dans les prochains mois, ce sera aussi édité en album.

Comment travaillez-vous ?
Je travaille à partir de documents aussi bien au niveau des textes que sur le plan iconographique. Pour le contenu de cette bd, je me suis basé sur l'ouvrage e Youssouf Tata Cissé et Wa Kamissoko ""Soundjata, la gloire du Mali" qui est en deux tomes. Je me suis surtout intéressé à la bataille de Kirina qui m'avait impressionné. Je découvrais à la fois les techniques et tactiques guerrières de l'époque, les costumes et l'esprit chevaleresque. Je me suis dit qu'il fallait faire connaître cette histoire. Au départ, je voulais travailler sur la reine Zinga mais je ne disposais pas de documents sur elle. Alors, j'ai fait cet album. Comme j'aime à le dire, c'est Soundjata qui m'a choisi. Il s'est imposé. J'ai aussi lu un recueil le"Djang-Djun chants populaires du Mali" de Massa Makan Diabaté.

Les tenues que vous avez dessinées pour vos personnages sont-elles authentiques ?
Justement, cette question nous interpelle un peu sur le pouvoir de l'image. Surtout, sur la reconstitution en image du monde ancien. Comme nous autres Africains avons l'habitude de voir le monde ancien des autres, on ne se doute pas que nos ancêtres se sont habillés ainsi bien avant le reste de l'humanité. Aussi, c'est tout à fait normal qu'on puisse être surpris et avoir comme référence les tenues de Samouraï et de Viking. Mais ce sont des reconstitutions typiquement africaines. D'ailleurs, il y a un ouvrage d'illustrations "Les Grands empires africains" dont je me suis inspiré pour les costumes des guerriers de l'époque. Ils sont authentiques et ne relèvent pas de mon imagination. Les chevaliers africains de l'époque portaient déjà des armures.

Qu'avez-vous appris en faisant ce travail ?
Par rapport à cet album, j'ai appris que les anciens ne faisaient pas la guerre par plaisir mais par devoir. Il y a un passage où Soundjata rappelle les paroles des anciens en disant qu'ils ont raison de penser que la guerre n'est pas bonne surtout celles entre consanguins.

Et pour la suite ?
En pensant à la jeunesse, j'ai envie de faire partager notre histoire. J'aimerais que d'autres frères et sœurs qui dessinent, prennent le relais et m'aident à faire connaître notre histoire. J'ai beaucoup de projets en ce sens mais ce sont les moyens qui font défaut. En tout cas, et j'insiste, j'aimerais vraiment que nous puissions travailler ensemble pour faire connaître notre passé."

Propos recueillis par Alain Diassé, extraits du Magazine Cité Black Paris n°31 paru le 3 mai 2004, p13


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Pour en savoir plus :
- Portrait de Soundjata Kéïta, le fondateur de l'empire du Mali par grioo.com : http://www.grioo.com/info805.html
- Lien éditeur : http://www.menaibuc.com/article.php3?id_article=66


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Messagepar Soundjata » 02.07.2005 - 03:03

Du nouveau :

Djehouty
Le 16-06-2005 a écrit:
cher (e)s lecteurs et lectrices, je vous remercie pour l’attention que vous portez à cette modeste bande dessinée. Je vous informe qu’il y aura bien une suite à ce tome. Nous avons besoin que vous souteniez notre travail en achetant nos albums, et informer de l’existence d’un tel travail autour de vous. L’histoire Africaine est la plus longue de l’humanité, aussi le travail est enorme et notre souhait serait que d’autres artistes kamit(Noirs) se mettent à l’oeuvre. MERCI A TOUS ET A TOUTES

http://www.menaibuc.com/article.php3?id_article=66

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Re: Soundjata - La bataille de Kirina (Biyong Djehouty)

Messagepar karras » 02.07.2005 - 08:31

Soundjata a écrit: Il y a un passage où Soundjata rappelle les paroles des anciens en disant qu'ils ont raison de penser que la guerre n'est pas bonne surtout celles entre consanguins.

:?: :roll:
consanguins = noirs ? Celles contre les blancs seraient donc "justifiées" ?. Bon, passons ...

Soundjata a écrit:L’histoire Africaine est la plus longue de l’humanité, aussi le travail est enorme et notre souhait serait que d’autres artistes kamit(Noirs) se mettent à l’oeuvre


Pour avoir vu il y a quelques années dans mon petit village breton une expo très interessante sur les Dogons, il serait interessant que les auteurs africains puissent mettre en image leur cosmogonie qui est vraiment très riche et complexe. A moins que cela existe déjà ?
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Re: Soundjata - La bataille de Kirina (Biyong Djehouty)

Messagepar Soundjata » 02.07.2005 - 15:49

karras a écrit:
Soundjata a écrit: Il y a un passage où Soundjata rappelle les paroles des anciens en disant qu'ils ont raison de penser que la guerre n'est pas bonne surtout celles entre consanguins.

:?: :roll:
consanguins = noirs ? Celles contre les blancs seraient donc "justifiées" ?. Bon, passons ...
C'est surtout un clin d'oeil à toutes ces guerres fratricides qui ont lieu sur le sol africain depuis que les mindele (étrangers rouges) sont venus foutre le boxon sur notre continent.
C'est donc un appel à l'union sacré entre tous les franges disparates du peuple noir afin qu'il puisse définitivement se défaire de l'impérialisme occidentale qui n'en fini plus de l'étouffer.
Il me semble que chaque peuple a le droit de se protéger et de se défendre contre ses ennemies, qu'ils soient internes (guerres consanguines, guerres dites "tribales") ou externes (impérialisme occidentale, francafrique et cie).

Aussi, l'histoire se déroulant au sein de l'Afrique noire précoloniale, à savoir dans une Afrique vivant en harmonie avec elle-même depuis des millénaires et ne s'étant donc jamais amusé à s'entre génocider et à s'entre tuer comme le faisaient les européens aux mêmes époques, à toi d'en tirer les conclusions qui s'impose au lieu de nous abreuver de tes procès d'intention.

karras a écrit:Pour avoir vu il y a quelques années dans mon petit village breton une expo très interessante sur les Dogons, il serait interessant que les auteurs africains puissent mettre en image leur cosmogonie qui est vraiment très riche et complexe. A moins que cela existe déjà ?
En fait, nous devons notre connaissance actuelle de la cosmogonie Dogon grâce à Marcel Griault, le pilier de l'ethnologie à la papa, qui se sera enquit directement auprès du sage Ogotemmeli, au début du 20e siècle.
Le tout fut publié dans un essai intitulé "Dieux d'eau", édition Fayard.
Je n'en jamais lu que des extraits repris dans "Nations Nègres et Culture" (Cheikh Anta Diop, ed Présence Africaine).

Mais voici ce que le Professeur Ivan van Sertima nous apprend à ce sujet :

"Dans le domaine de l'astronomie, il y a plus. En 1978, Lynch Robbins de l'Etat du Michigan a découvert que les Africains avaient construit un observatoire astronomique au Kenya, 300 ans avant le Christ, dans le Namoratunga. Là, 300 ans avant Jésus Christ, ils avaient tracé un graphique d'une série d'étoiles et de constellations, et sur la base de l'alignement de ces étoiles et des constellations, ils avaient construit le plus précis des calendriers préhistoriques. Mais bien plus significatif, un Français, Marcel Griaule, rencontra les personnes du Dogon, à environ 200 milles de l'Université de Tombouctou. Ils s'étaient sauvés dans les montagnes quand ils ont entendu que les Européens avançaient sur le continent. Là ils constatèrent que ces personnes avaient une connaissance très complexe des étoiles.
Ils ont écrit des livres concernant ces personnes, le Renard pâle (seulement traduit en anglais), aussi bien que des conversations avec Ogotomalli, où ils ont prouvé que ces personnes avaient commencé une danse, une cérémonie connue sous le nom de Bado, il y a plus de 500 ans, où elles ont dansé l'orbite d'une étoile, que nous appelons l'étoile Sirius B. Cette étoile est impossible à voir avec l'œil nu. Ils l'ont non seulement vue, mais également dansé son orbite jusqu'à l'année 1990. Ils ont tracé son orbite jusqu'à l'année 1990.
Ils ont cessé de danser en 1990.

Les Russes semblèrent avoir trouvé la solution à la question de la façon dont ils l'ont vue.
Un des scientifiques russes, Volosimo, découvrit parfaitement dans la terre des objectifs sphériques en cristal d'Egypte antique au moment où elle était dominée par des personnes nègres. Les Dogons ont maintenu le commerce par les caravanes avec l'Egypte même après son déclin et sa conquête par d'autres. Les Dogons ont également fait remarquer que c'était un objet flashant et obscur près de Sirius B. La NASA découvrit cela il y a 5 ans. Les Dogons savaient ceci il y a 500 ans au moins. Cet objet s'est avéré être la nova naine, découverte par le satellite orbital Einstein de la NASA. Les Dogons ont indiqué que c'était une étoile extrêmement lourde. Nous avons constaté que c'est le type d'étoile la plus lourde de notre galaxie. "


http://www.associationarchive.com/index.php?main=dossiers.php&dossier=4

Bon j'ai encore d'autres infos sous le coude à ce sujet, je te mettrais ça dans la soirée.


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