Bon. J'en sors. Et je passe en mode
SPOILER
Putain mais qu'est-ce que c'est que ces aliens qui sont même pas capables de planifier une invasion planétaire correctement. !?!?
Nan mais sérieusement, de qui se moque-t-on ? On prépare une colonisation des millions d'années à l'avance, on étudie soit-disant (c'est pas moi qui le dit, c'est la voix off de l'intro) le terrain depuis des lustres, et au final on se prend la plus belle veste depuis la Campagne de Russie à cause d'un simple rhume ? Enfin un simple rhume, je vais avoir des doutes car pour en crever en deux jours chrono, Ebola à côté, c'est de la gnognotte. Nan mais dites-moi que je rêve !?!?
Amenez moi le chef d'état-major et que ca saute ! Les têtes vont tomber (et les tentacules avec putain). Nan mais sérieux... On se ballade à travers l'espace, on a des tripodes de la mort avec cutter beam et un déflector shield capable d'arrêter un missile Minute-Man et on n'est pas capable de se protéger d'une petite bronchite ?!? Nan mais y connaissent pas le mot "quarantaine" ces putains de martiens ?!?
Et le concept de bombardement orbital ils connaissent les p'tits gris ? Nan, evidemment ! Et la terraformation préventive ? Non plus ! Nan mais c'est vraiment n'importe quoi. C'est pas une armé d'invasion, c'est le défi français lors de la Coupe de l'America. Ou Medrano (sans Johnny) c'est vous qui choise.
Putain mais ca m'énerve ce genre de laisser-aller. On nous promet une extermination en règle, un génocide en bonne et du forme, et au final on se recupere la promesse d'un futur monument aux morts en granite des Vosges sur Pennsylvania Avenue. J'ai les boules putain.
Et Dieu... C'est le bouquet, le pompon, la goutte d'eau. Qu'est-ce que Dieu vient vous foutre dans cette histoire bordel de merde !? Il a rien demandé à personne alors de grâce, foutez lui la paix. Laissez le pêcher à la ligne ou se faire les cors aux pieds, nom de Lui. Car autant j'apprécie de voir des
Paramecium caudatum sur un écran de 20m de base, autant je fais une allergie virulente au couplet pseudo philosophico-métaphysique sur la place de l'Homme dans "La Création".
Bon... Ok, je me calme. Je rejette le yin, j'accepte le yang. Et je me prends à rêver d'une Guerre des mondes plus courte de 5 minutes, débarassée de cet encombrant final, honteux, ridicule. Forfaiture totale, hold-up monumental et scandaleux sur le spectacle ahurissant proposé les 1h50 précédentes.
Car autant j'exècre cet épilogue d'une débilité meme plus stratosphérique mais carrément orbitale, autant les destructions de masse sont les morceaux de bravoure probablement parmi les plus jouissifs qu'on a ai jamais vu au cinéma. Y'a rien à redire. Techniquement époustouflant, la magie made in Spielberg fonctionne à plein régime. Pratiquement tout est laissé à l'imagination du spectateur.
Placé dans les baskets de Tommy Le Nain, on est terrorisé par l'éclosion des tripodes, abasourdi par le 9/11 à domicile, estomaqué par le Titanic de l'Hudson, tétanisé devant la Hamburger Hill de l'Espââââce, pétrifié par la partie de cache-cache du siècle, écoeuré par la terraformation à coup de concitoyens digérés, malaxés et liquéfiés.
L'humanité renvoyée à l'âge de pierre en 20 minutes chrono, avec force émeutes, paniques généralisée, j'en rêvais depuis des années. On assiste pétrifié à la démolécularisation de la société, au retour aux insincts de base, a cet animal qui sommeille en nous et nous pousse à survivre coute que coute.
On nous promet monts et merveilles. On imagine déjà les vertes prairies de la Nouvelle Angleterre grouillant de bébés aliens, jouant à colin-maillard dans une forêt de champignons géants, sous un ciel couleur rouille et un soleil dardant ses rayons bienfaiteurs sur les algues et champignons cosmiques amenés par nos nouveaux copains. On fantasme, on jubile, on se dit que la fin tant attendue de l'humanité n'aura malheureusement pas été de notre initiative...
Mais non. On nous refuse ce plaisir nihiliste et masochiste. Pour se conformer à un happy end obligatoire ? Pour rester fidèle à l'idée du romain originel ? Difficile à dire. Mais la pilule est amère. Surtout qu'elle nous est servie enrobée d'une scene de retrouvailles totalement surfaite. Mais le pire reste à venir avec cette morale abjecte et imbitable qui
me gâche la fête comme un orage de grêle ruine un feu d'artifice du 14 juillet.
Alors bon, je sais bien, la critique est facile, et meme si les tripodes détruisent tout sur leur passage, et qu'on assiste au plus beau film de destructions depuis plusieurs éons, je ne peux m'empêcher de crier à l'assassin avec cet épilogue à se tirer une balle dans la tête.
M'enerve tiens.
