UP !
J’ai fini le visionnage de la
troisième saison la semaine dernière. Bilan.
ATTENTION, ce qui va suivre sera truffé de SPOILERS !!!
Premier constat : comme de coutume, la série trouve un filon et s’y engouffre à mort. Cette fois-ci, il s’agit de semer le doute sur tous les « gentils ». On commence par écorner l’image de droiture absolue renvoyée par deux personnages principaux : Jack et le Président Palmer.
On découvre le premier dépendant à l’héroïne. C’est terrible mais il fallait bien qu’il soit crédible pour s’infiltrer (consciencieux, il a même commencé à se piquer avant sa mission !) De toute façon, cet aspect est rapidement délaissé (en manque au début, Jack « oublie » vite son addiction …).
Quant à Palmer, ultime modèle de vertu du show, je trouve son évolution très mal écrite (heureusement que l’acteur est bon, ça compense à mort). Inflexible, il refuse tout d’abord le compromis (« On ne négocie pas avec les terroristes « lorsque la menace vient des Salazar). Il lâche ensuite du lest (il transige facilement quand le danger provient de Saunders) puis plonge tête baissée dans la fange (la sous-intrigue avec Sherry). Après tout ça, il prend tout de même soin de retracer une ligne blanche (il fait buter Chappelle mais refuse de dévoiler les noms des agents infiltrés) et de redresser un peu le cap (il estime avoir des mains trop sales pour briguer un nouveau mandat). Hum, pas franchement cohérent
La formule « instaurons le doute » est aussi déclinée aux membres de la CTU : Gael, Chloe, Tony, Michelle, Adam (Sylar !), Chappelle, Kim. Tout le monde y passe, pour des raisons diverses. Procédé narratif un peu trop systématique alors que, dans l’absolu, rendre les personnages plus ambigus, moins monolithiques, était une bonne idée
Maintenant, faut que je développe sur Jack, parce que ça me titille. Principaux faits d’armes de notre American Hero : il prend le risque de flinguer Chase (collègue qui est par ailleurs le petit ami de sa fille … l’infiltration passe avant tout), mais se rattrapera en lui sectionnant une main à la hache (lui couper seulement le pouce aurait été moins drôle). Ensuite, il tue carrément un membre de la CTU (Chappelle) pour répondre aux exigences du grand méchant terroriste (dont l’entreprise ne sera jamais réellement justifiée soit dit en passant). Pas bien grave, Ryan Chappelle était un bon élément mais n’avait pas de famille (tout au plus un frère avec lequel il était brouillé). Du coup, Jack, ça lui en touche une sans faire bouger l’autre
Faut dire que le gars est un jusqu’au-boutiste forcené (je reste intimement persuadé qu’il a « La fin justifie les moyens » tatoué sur les fesses) et que l’intérêt de la Grande Nation Américaine prime sur tout le reste (ce qui l’amène toujours, paradoxalement, à se foutre un peu hors la loi). En y regardant de près, Jack Bauer est un bloc de granit (avec le cœur de pierre qui va avec), une machine, un robot assez antipathique bloqué sur un mode « Travail – Famille – Patrie ». Gloups ! Quand on y réfléchit bien, ce type est un gros salopard inhumain. Non, mais franchement, vous auriez envie de l’inviter à dîner chez vous ce gars ? Tu vas chercher le dessert dans la cuisine et, pendant ce temps-là, le mec va checker ton PC pour trouver des trucs téléchargés ! Tu reviens avec la tarte, et lui il est prêt à te torturer copieusement pour savoir depuis quand tu downloades sur Emule !
Ce qui est marrant, c’est qu’autant la série prend le temps d’humaniser les autres personnages (à grands renforts de clichés), autant Jack … quasiment pas. Ok, il craque et pleure à la fin. Je trouve ça bien léger …
Allez, un petit coup d’œil du côté des méchants parce que, sans eux, Jack et ses copains pointeraient au chômage. Ah, les frères Salazar, deux idiots finis (ils commettent bourde sur bourde, sont infoutus de voir que Bauer est encore en train de les doubler, etc.) et, en matière de cabotinage éhonté, un vrai cas d’école. En roue libre, les deux acteurs sont juste théâtraux au possible, de vrais bad guys de serial !
On passe à Stephen Saunders, lui aussi plus risible qu’autre chose (vous le trouvez menaçant vous ?). J’adore son élocution ultra pâteuse et sa tête de poussin sodomite. A chaque fois que je le vois, j’ai l’impression qu’il a une furieuse envie d’aller aux gogues. Magique !
Pour finir sur les vilains de la saison 3, on assiste aussi au retour bidon de deux personnages bien agaçants : les biatches Nina et Sherry que l’on prend vraiment plaisir à voir crever (enfin débarrassés, yes !

).
Au niveau de la trame globale, je trouve le début faiblard, les sous-intrigues souvent foireuses (Milliken and Co), les rebondissements parfois purement « mécaniques » (le kidnapping de Michelle) et les incohérences dommageables (Saunders est prêt à balancer le virus partout, et donc à contaminer sa fille, mais cède lorsque Jack menace de la mettre dans l’hôtel infecté … allez comprendre …

).
Demeure aussi ce côté très propre, bourré de bons sentiments et ultra-patriotique (on se croirait parfois dans une production reaganienne).
Cela dit, je critique, je critique, mais je concède volontiers que le show reste très divertissant malgré tout (je verrai les autres saisons

). C’est juste que
24 est toujours à la limite de l’auto-parodie involontaire (un élément plus prégnant dans cette saison 3).
Et puis moi je rêve toujours d’une série en vrai temps réel (avec des épisodes d’une heure nardin !) et uniquement focalisée sur Jack …