Dans la société qui est la notre,il faut de l'école au terrain de foot en passant par, surtout par, l'entreprise,"tuer"pour "survivre".
Costa Gavras part de cet axiome bien célèbre de notre temps pour offrir un argument glaçant aux actes d'un tueur en série,d'un genre nouveau ...
Outre ce point de départ aussi troublant ,qu'agressif et génial ,la réussite du film est complète ,fonctionnant sur le système des vases communicants,chaque aspect du récit servant l'autre à merveille .
D'une part Costa Gavras maitrise le "genre" à la perfection ,joue avec les nerfs,élève le suspense avec une dextérité que n'aurait pas renier Hitchcock ;il maintient la caméra,et la tension,chevillées au corps de son personnage principal (José Garcia ni à emploi ni à contre emploi(se souvenir
d'extension du domaine de la lutte et déjà d'un drole de regard noir),seulement à tout emploi,regard noir,vacuité ,émotion,peur-panique....) ,le traque d'un thème musical envoutant,semblant plonger dans les vertiges ,ces fissures ouvertes dans la réalité par cette intrusion sanglante ,réussit à trousser des poursuites d'une efficaçité et d'un réalisme infernal ,se caractèrisant par un controle constant de l'espace,du temps,du rythme ,qualité d'exécution qu'on retrouve dans la mise en scène des meurtres ,inspirée et variée à souhait .
Mais il assez de distançe sur son sujet pour lui offrir une tonalité unique ,faite d'un humour grinçant ,ambivalent,et d'une autopsie sans concessions de notre époque, libérale .
Au metteur en scène se joint donc l'auteur Costa Gavras,qui dessine un univers inquiétant,une enfilade de quartiers résidentiels faussement tranquilles d'oû jaillissent soudain les plus sinistres pulsions .
Un thème qu'avait su exploiter avec tant de brio John Carpenter à l'époque de son
Halloween .
Le cadre sup au chomage joué par Garcia ne se cache pas derrière un masque de platre,ce n'est pas un croque-mitaine,mais le reflet de chacun d'entre nous.
Et Costa Gavras d'appuyer là oû ça fait mal .
Il draine sous les yeux de son personnage un contexte social alarmant, un climat de précarité,de doutes ,d'illusions gachées,une atmosphère de grand mensonge,de profond désarroi et de convoitise,une ambiançe de lutte sous-jaçente oû le perdant est aspiré par les égouts et débité en fines lamelles .
Il balise son métrage de tics terrifiants,ces télés qui ne vomissent que violençe et cris,offrant défenestration et massacre entre la salade et le fromage,ces affiches publicitaires qui comme des sangsues vampyrisent les murs,les espaces,renvoyant mirages,inaccessibles,sexe et frustration (jp THEY LIVE )...
Un film qui a du souffle donc ,du nerf,de la méchanceté,de la gravité,et même des accents de détresse,mais la faculté d'en rire .
Un film brillant ,tranchant,genre double-lame,un film contemporrain...l'un des meilleur .
