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Revu hier soir et j'ai encore pris un pied pas possible

. L'un des plus grands films de 2004 pour ma part (top 5 assuré)

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Je viens de voir que je n'avais pas encore posté sur ce topic donc ...
Qu’on le veuille ou non, et bien qu’elle soit rarement considérée ainsi, la simplicité peut être une vertu au cinéma. Cet état de fait est particulièrement vrai en matière de western oû simplicité (formelle et narrative) rime souvent avec qualité. C’est dans cette optique que Kevin Costner, habitué du genre (
Silverado,
Wyatt Earp,
Danse avec les loups,
Postman), réalise
Open range, western au classicisme d’une élégance folle.
Costner opte donc pour une réalisation classique qui tire pleinement parti des grands espaces naturels et des décors d’une petite ville de l’Ouest américain. Classicisme toujours lors du gunfight final, une scène parfaitement lisible dans laquelle les armes tonnent puissamment et oû la mort s’abat sur les hommes de manière rapide et brutale, un moment de pure bravoure visuelle, rien de moins. A des années lumière des montages syncopés de la génération MTV, Kevin Costner laisse le temps à l’image d’imprimer la pellicule tout comme il prend le temps d’installer l’histoire et de présenter, puis développer, ses personnages avec le plus grand soin.
Apparaissant manichéens au départ (des cow-boys de la vieille école, droits et hard boiled), les personnages de Boss Spearman (Robert Duvall) et de Charley Waite (Kevin Costner) s’avèrent être, en réalité, des durs au cœur tendre dont les fêlures (respectivement perte d’une famille et passé violent) se dévoilent peu à peu. Souvent touchants dans leur(s) maladresse(s), les deux hommes fascinent et passionnent par leurs interactions. Impossible d’ailleurs de ne pas faire le parallèle entre ces deux personnages de cow-boys à l’ancienne et l’actuelle situation de Kevin Costner à Hollywood, un metteur en scène classique qui a tendance (comme Eastwood à une certaine époque) à passer pour le dernier des ringards.
On ne pourra aussi que saluer l’excellente galerie de seconds rôles savoureux : Abraham Benrubi, Annette Bening, Michael Gambon et le regretté Michael Jeter dont le personnage apporte de sympathiques touches d’humour au métrage.
Non seulement Kevin Costner n’est pas le has been que certains souhaiteraient qu’il soit mais c’est un grand réalisateur capable de signer un western comme on n’en fait, pour ainsi dire, plus. Chapeau bas.
A noter aussi une superbe photo de Jim Muro
