Oui donc alors, Le point du Roi Saint-Louis...
C'est un objet étrange. Casting prestigieux, voire meme TRES prestigieux (allez voir IMDb ou Allociné pour bien constater), réalisatrice anonyme pour ainsi dire, production européenne (franco-espagno-britannique) made in Samuel Hadida (Le Pacte des Loups, c'est lui), mais y'a un gros, gros, gros probleme de rythme et de mise en scene.
Pour paraphraser un ami : "en fait, ce qui manque à ce film, c'est un réalisateur".
Le pitch paraissait allécheant si bien qu'avec un réal vraiment talentueux, et un script un chouïa moins brouillon, on aurait pu avoir un espece de Short Cuts / Magnolia du 18e siècle sur fond d'inquisition. Hors le problème, c'est qu'on est trèèèèèès loin du compte.
L'histoire n'est pas inintéressante en soi, mais l'agencement narratif est assez pénible, voir confus. On se demange bien pourquoi untel fait ci ou fait ca, ce qui fait qu'on décroche progressivement, surtout qu'en plus, la mise en scene est d'une platitude affligeante et qu'il n'y a absolument aucun rythme, aucune progression dramatique de quelle sorte que ce soit.
Curieusement, la partie qui aurait pu insuffler le plus de tension, à savoir le procès pour hérésie du personnage de Gabriel Byrne (qui souffre d'un déficite de crédibilité dans son role a peine moindre que DeNiro) est certainement la partie la plus chiante et dont on se détache le plus comparé au reste.
Résultat, on s'emmerde comme des rats morts un soir de réveillon. Et c'est long... long... tres long... trop long...
L'interprétation quant à elle est assez inégale :
- Gabriel Byrne fait rire avec son toupet sur la tete
- DeNiro vient payer ses impotts
- Harvey Keitel assure le minimum syndical
- F. Murray Abraham est correct, mais sans plus
Seules ces dames s'en tirent avec les honneurs : ils ont sacrément arrangé Kathy Bates dans son rôle de douairière dépassée par les événements, et les fans de la belle hispanique Pilar Lopez de Ayala (aka La Perichole dans le film, soit lhéroine autour duquel tout est censé graviter) pourront venir profiter de son jeu efficace (bon par contre, sans tout spoiler, à la fin, on dirait vraiment que c'est la fille naturelle de Freddy Kruger

)
Je ferai l'impasse sur les prestations d'Emilie Dequenne et de Samuel Le Bihan (surtout lui à vrai dire tant il es anecdotique), doublés avec des voix atroces, leur accent anglais n'étant pas suffisamment supportable pour des oreilles anglo-saxones de toute évidence.
Mais la palme revient sans conteste à un Dominique Pinon halluciné et hallucinant en Chambellan du Vice-Roi (enfin en larbin de luxe quoi) qui vole toutes les scènes dans lesquelles il apparait.
Derniere mention à la revue du casting, on notera la présence des jumeaux Mark et Michael Polish, dans un double role mutique du plus bel effet, qui sont dans le civil les auteurs du très étrange
Northfork dont j'ai entendu dire le plus grand bien.
Donc pour résumer : un plateau alléchant, une histoire qui avait l'air intéressante, mais au final un ratage complet pour défaut de rythme, de réelle mise en scene et un script trop confus.